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Entrevue avec l'artiste Adrian Forrow
Faites connaissance avec Adrian Forrow, l’artiste et illustrateur qui est derrière les visuels de notre collection BIO.

Le travail de l’illustrateur torontois Adrian Forrow explore les rouages internes de sa propre imagination en donnant vie à des objets colorés et à des mondes fantaisistes. Vous avez peut-être déjà vu ses œuvres : ses illustrations maximalistes ont paru dans des publications comme The New Yorker, The Walrus et The Globe & Mail. Il a également travaillé en collaboration avec plusieurs organisations comme les Raptors de Toronto et le festival de musique Wayhome. En plus de sa pratique artistique personnelle, il est aussi chargé de cours à l’OCAD. Adrian a créé les visuels de la dernière collection pour hommes de BonLook, BIO, dont les montures sont faites d’acétate biodégradable. Nous nous sommes entretenus avec lui pour savoir ce qui avait influencé ses dessins pour cette collection et en apprendre plus sur son processus et ses trucs pour se sortir d’une panne sèche créative.

Photos : Adrian Forrow

Parle-nous du cheminement qui t’a mené à devenir un artiste

J’ai toujours eu du plaisir à inventer des choses et je suis curieux de nature, alors j’imagine que c’est de ça que ma créativité est issue. Pour ce qui est de devenir artiste, le père de mon meilleur ami était illustrateur et ça m’a montré dès un jeune âge qu’on pouvait bâtir une carrière à partir de sa créativité. En vieillissant, j’ai réalisé que ce qui me rendait le plus heureux, c’était de fabriquer des choses. L’école m’a aidé à me concentrer sur mon intérêt en création d’images et je suis devenu passionné par l’idée de communiquer de façon créative par le visuel.

Qu’est-ce qui t’a inspiré le travail que tu as produit pour la collection de BonLook en acétate biodégrable, BIO?

La nature a toujours été un fil conducteur dans mon travail, alors ce projet était comme un rêve qui se réalisait, pour moi. L’imagerie pour BIO est venue d’illustrations de référence qu’on peut souvent voir dans des journaux scientifiques et qui montrent des spécimens naturels rares ou récemment découverts, comme dans les premiers croquis de Darwin ou dans le travail d’Ernst Haeckel. À leur époque, ce genre d’images était réalisé sur le terrain puisque les appareils photo étaient très rares. J’avais envie de simplifier ces représentations stylistiques des choses de la nature et d’emprunter leur façon de les mettre à plat, en pensant à la manière dont chaque élément pourrait être disposé pour s’agencer aux autres dans une composition. Je voulais aussi que l’image évoque la découverte en jouant avec la variété et la simplification des formes. J’ai donné aux objets et aux animaux des visages, ce qui donne à l’ensemble une atmosphère très amicale.

Le travail d'Adrian dans une vitrine BonLook

Est-ce que le fait de travailler avec des marques influence votre travail?

Je vois ma pratique comme quelque chose de très collaboratif. J’adore travailler avec mes clients pour créer une imagerie personnalisée pour un certain produit ou un besoin particulier. Je crois que l’illustration peut aider à rappeler aux clients qu’il y a des gens derrière une marque, et que ces gens se soucient de leur expérience. C’est spécialement important quand on considère que nous sommes de plus en plus poussés vers des espaces numériques. Développer du visuel pour une marque et ses besoins implique de nouveaux défis très excitants qui peuvent s’avérer bien différents de ceux qu’on retrouve dans le dessin éditorial, plus traditionnel (comme de l’illustration faite pour un magazine, par exemple). J’adore le dessin éditorial, mais l’ampleur d’une grande fresque en vitrine permet une interaction différente (et fascinante) avec le public. C’est extrêmement interactif et ça rend, je l’espère, l’expérience de magasinage encore plus plaisante pour la personne.

Parle-nous un peu de ton processus créatif. Qu’est-ce qui t’aide à démarrer un nouveau projet?

Mon processus peut varier en fonction de ce qu’on me demande de produire, mais ça débute presque toujours par une conversation avec le client pour discuter de ce qu’il veut et des limites qu’il souhaite fixer, s’il y en a. J’essaie toujours de définir l’envergure du projet avant de commencer une ébauche. Une fois que j’ai bien compris les paramètres, je passe beaucoup de temps à griffonner dans mon carnet de croquis pour jouer avec les thèmes. J’essaie de me tenir loin des outils numériques au départ pour que cette étape en soit une d’essais et d’erreurs. C’est trop facile de modifier et d’effacer quand je dessine sur une tablette, alors je trouve que de faire des esquisses sur papier aide mon travail à avoir un aspect inattendu et à être plus près de ma voix créative, plus authentique.

Comment fais-tu pour surmonter une panne créative quand une date butoir approche?

J’adore les délais fixes. Je les trouve excitants, d’une certaine manière. Je suis encore stressé de temps à autre, mais j’adore atteindre ce genre d’état méditatif qui survient quand je suis très concentré sur une tâche pendant une certaine période de temps. Je ne me suis pas toujours senti ainsi, mais dernièrement je trouve que d’embrasser les délais plutôt que de les craindre fait en sorte qu’ils ne me bloquent plus dans ma créativité. Je crois que c’est important d’avoir des intérêts à l’extérieur de ce que je fais pour le travail, comme promener mon chien ou faire du vélo. Ça contribue à stimuler ma pensée créative.

Peux-tu nous nommer une destination voyage qui t’inspire, autant au point de vue personnel que professionnel?

Récemment, j’ai visité Oaxaca et l’expérience a été incroyable. Il y avait tellement d’artisans et de magnifiques couleurs à voir (et la nourriture était délicieuse, en plus).

Y a-t-il des artistes qui se sont avérés de bonnes sources d’inspiration pour toi au fil des années?

J’aime beaucoup les vieux maîtres de l’illustration et ce qu’ils sont arrivés à accomplir en brouillant les frontières entre illustration, design et art. Des noms comme Paul Rand, Seymour Chwast, Milton Glaser, Bruno Munari, Alexander Girard, Jacob Lawrence et Stuart Davis me viennent en tête.

Un aperçu de l'atelier d'Adrian

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